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José-María Siles

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on the frontlines, entre les lignes

the Cioran I met —

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Il a écrit les mots les plus noirs jamais écrits sur l’humanité. Et pourtant, c’était un vieux monsieur charmant, débordant de joie, dont les petits yeux malicieux s’illuminaient dès qu’on lui parlait de l’Espagne — qu’il avait parcourue à vélo après la guerre.

On le prenait pour un excentrique, désespéré, pessimiste. La vérité, c’est qu’il débordait de vitalité, d’optimisme, d’envie de vivre — même s’il se délectait à lire des biographies de grands hommes, pour y observer notre capacité humaine à l’autodestruction.

Ces jours de cataclysme universel, il m’aurait dit : « Quel ennui, d’entendre encore et encore la même catastrophe se répéter. »

Il fabriquait les phrases les plus démolissantes jamais écrites contre l’humanité. Et pourtant, c’était l’homme le plus vivant que j’aie connu.


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