J’arrive à Barcelone pour étudier le journalisme, deux courts métrages interdits sous le bras.
Je filme en 16 mm les premières manifestations du post‑franquisme, lorsque les Catalans réclament liberté, amnistie et statut d’autonomie dans la rue. Les anti-emeutes finiront par briser ma caméra Arriflex à coups de matraque.
À Paris, je survis en mangeant des sandwichs aux frites dans le Quartier latin, tandis que ma voix commence à se faire entendre sur Radio France Internationale (RFI) : le véritable décollage de ma carrière de correspondant.
Avec Télévision Espagnole, plus tard, je filme des Mormons polygames à Madrid et à Salt Lake City, avant d’être envoyé comme correspondant à Bonn. L’ancienne capitale allemande, ma chère ville fédérale, était « deux fois plus ennuyeuse que le cimetière de Chicago, bien que deux fois plus petite ».
Quand le Mur tombe, en 1989, je couvre l’information dans les deux Berlins pour les journaux télévisés de TVE. Traverser ces jours‑là d’un côté à l’autre du mur, avant et après le 9 novembre, fut la plus belle expérience de toute ma vie de correspondant.
Puis viendront le siège de Sarajevo, Rabat, New York, Kinshasa, Haïti, Beyrouth… Paris et Bruxelles, où j’ai fondé aNews : the Correspondent agency.
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